Primes de départ
La ministre n’a pas de pouvoir
05/11/2009 23h05
Confrontée à de nouveaux abus, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, à court de répliques, a finalement avoué qu'elle était incapable de serrer la vis aux gourmands bureaucrates des universités du Québec. Seul un amendement législatif lui permettrait d'intervenir sur des « politiques de rémunération élaborées à huis clos », a-t-elle dit, hier.
Malgré le fait qu'ils aient les yeux sur des budgets déficitaires, les patrons des universités québécoises sont étonnamment généreux envers eux-mêmes, une situation qui a soulevé l'ire de l'opposition à l'Assemblée nationale. Outre des hausses salariales faramineuses et des primes au rendement données sans retenue, le Journal a dévoilé encore hier qu'un cadre de l'Université Concordia, après avoir occupé son poste durant trois ans seulement, s'est offert un « congé administratif » de 14 mois qui lui a permis d'empocher 364 430 $.
Un prof, après avoir démissionné moyennant une prime de 139 037 $, est rentré par la porte arrière pour reprendre sa place sur la liste de paye. Une gestionnaire a aussi obtenu une prime de 142 427 $ pour avoir démissionné.
Selon la porte-parole du PQ en matière d'éducation, Marie Malavoy, cette situation est intolérable, surtout que les universités sont devant un déficit de 460 millions. « Qu'attend la ministre pour intervenir ? » a-t-elle demandé. Visiblement désemparée, la ministre Courchesne s'est rabattue sur son projet de loi sur la gouvernance, redemandant au PQ de l'appuyer.
« Nous aurions droit à plus de transparence, nous aurions droit à des politiques de rémunération qui ne seraient plus élaborées à huis clos et on serait en droit de savoir exactement ce qui se passe dans les universités québécoises », a plaidé la ministre, suppliante.
Or, selon elle, tant que la loi sur la gouvernance ne sera pas adoptée, le gouvernement ne pourra pas empêcher que les dirigeants et les cadres des universités québécoises se servent abusivement dans l'assiette au beurre.
La ministre Courchesne n'ignore pas que, près d'elle, un parfum de favoritisme a aussi plané récemment. Son propre adjoint parlementaire, le député de Charlesbourg, l'ex-recteur Michel Pigeon, empochait plus de 3 440 $ par semaine lorsqu'il faisait du porte-à-porte durant la campagne électorale de 2008. Profitant d'une seconde année de « recyclage », M. Pigeon recevait alors de l'université un salaire annuel de 173 902,40 $. « J'ai beaucoup lu, beaucoup réfléchi », nous a-t-il dit à propos de ce congé.
Primes de départ
La ministre n’a pas de pouvoir
05/11/2009 23h05
Confrontée à de nouveaux abus, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, à court de répliques, a finalement avoué qu'elle était incapable de serrer la vis aux gourmands bureaucrates des universités du Québec. Seul un amendement législatif lui permettrait d'intervenir sur des « politiques de rémunération élaborées à huis clos », a-t-elle dit, hier.
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