Jean Charest permet les conflits d'intérêts
28/04/2009 22h12

- Jean Charest permet dorénavant qu’un ministre de son cabinet puisse détenir ou contrôler une entreprise faisant des affaires (et des profits) avec un ministère, une société d’État ou un organisme public.
- © PC
La situation qui prévaut à Montréal exigerait du gouvernement qu’il donne l’exemple mais Jean Charest va dans le sens opposé en permettant que des membres de son cabinet se placent en situation de conflit d’intérêts.
Désormais, a-t-on appris cette semaine, un ministre pourra détenir ou contrôler une entreprise faisant des affaires (et des profits) avec un ministère, une société d’État ou un organisme public.
Tout ce qu’il aura à faire, c’est d’en aviser le premier ministre, de ne pas parler des contrats avec ses collègues et de se retirer des délibérations quand un dossier concernant son entreprise ou celle d’un parent sera discuté. Mais rien ne l’empêchera de faire des affaires avec l’État.
Auparavant, cela était interdit mais les règles ont été modifées en mars, sans tambours ni trompettes.
« C’est pas croyable, mais les conflits d’intérêts seront maintenant permis », a déploré le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard.
Son vis-à-vis libéral, Jacques Dupuis, a confirmé que les règles avaient été changées mais seulement pour des « cas particuliers ». Lesquels? Il ne l’a pas dit.
« Il y a des cas particuliers qui surviennent, et bien sûr, au moment où ces cas particuliers surviennent, il faut adapter les règles », a simplifié l’ancien procureur.
Ainsi donc, pour une troisième fois depuis leur avènement au pouvoir, les libéraux modifient discrètement les règles qui interdisaient les conflits d’intérêts.
Les libéraux questionnés
L’affaire a évidemment rebondi à la période des questions à l’Assemblée nationale où l’éthique des libéraux est remise en question par l’oppositon, quotidiennement. Les exemples donnés par Philippe Couillard, passé au privé en vitesse, et Pierre Corbeil, ex-représentant d’intérêts miniers et maintenant ministre des Affaires autochones, responsable de l’Abitibi où les mines pullulent.
Mais un nouveau cas inspire la députée Agnès Maltais : le candidat du PLQ dans Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, faisait du lobbying pour la firme BPR sans être inscrit au registre des lobbyistes. Le leader Dupuis a répété que le commissaire au lobbying faisait des « vérifications » et qu’il faut donc attendre.
La multiplication de comportements douteux laisse croire à un recul de la moralité politique. S’y ajoute une sorte de désinvolture du gouvernement qui, selon le PQ, est « sans gouvernail », sans véritable projet collectif. Le Québec est bien loin des États-Unis de Barack Obama, estime d’ailleurs Stéphane Bédard.
Le député Bédard s’est aussi demandé pourquoi la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, n’intervenait pas pour ramener l’ordre dans la gestion des fonds publics à Montréal.
« Je me demande ce qu’elle peut bien faire de ses journées », avant d’éclater de rire… Tout le monde a pensé à son soupirant, le député adéquiste, François Bonnardel. L’ADQ n’a d’ailleurs pas questionné une seule fois la ministre Normandeau depuis des mois.
michel.hebert@journaldequebec.com
Jean Charest permet les conflits d'intérêts
28/04/2009 22h12
La situation qui prévaut à Montréal exigerait du gouvernement qu’il donne l’exemple mais Jean Charest va dans le sens opposé en permettant que des membres de son cabinet se placent en situation de conflit d’intérêts.
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