Le mardi 9 février 2010

Chronique

L’argent des autres

30/10/2009 09h34 

Comme c’est agréable de dépenser l’argent des autres… On n’a pas à se casser le beigne, à se demander s’il en restera pour la fin du mois et s’il faudra se priver pour payer les factures.

Le journaliste politique Michel Hébert, du Journal de Québec, a fait une recherche élaborée et très intéressante qu’il a livrée en début de semaine.

Factures à l’appui, il nous a amenés dans les dédales de dépenses gouvernementales fort particulières dont profitent certains de nos valeureux fonctionnaires. Ainsi, on a appris que, pour divers motifs, les fonctionnaires de l’aide sociale ne se mouchent pas avec des pelures d’oignons. Réunions, colloques, séminaires et soirées de reconnaissance se tiennent dans des endroits huppés où on prend généralement un repas arrosé. Sur le bras du ministère, « of course ». L’accueil de nouveaux fonctionnaires peut entraîner des dépenses atteignant 5 000 $.

La dépense la plus particulière est celle qui a permis d’amener des fonctionnaires de Saint-Jean-sur-Richelieu dans un vignoble pour une journée « vendanges et visite VIP ». La dépense a été considérée comme admissible car elle visait l’adhésion et la consolidation de l’équipe, malheureusement confrontée à la clientèle démunie et vulnérable que sont les assistés sociaux. On dit que, depuis, le CLE du Haut-Richelieu aurait une performance extraordinaire. C’est fou ce qu’un vignoble peut faire!

À D’AUTRES D’EN PROFITER!

Je vois d’ici l’ensemble des policiers de la province, confrontés aux crimes, aux viols, aux meurtres d’enfants, aux couples en instance de séparation qui se lancent des couteaux par la tête revendiquer des moments de ressourcement, de consolidation des équipes… Les vignobles de l’Estrie n’auraient plus à s’inquiéter de leur avenir financier.

Car il faudrait ajouter les pompiers, qui sont régulièrement mis en face de la mort eux aussi. Celle des autres ou la leur lorsqu’ils tentent de sauver des vies. D’autres journées VIP pour les vignobles…

Et les ambulanciers, maintenant! Combien de temps peut-on tenir à ramasser des cadavres en petits morceaux sans devoir rechercher l’adhésion et la consolidation des équipes dans les sentiers de Bacchus? C’est vrai qu’il n’y a aucun stress à voir mourir une personne dans vos bras… après avoir vainement tout tenté pour lui garder la vie!

Je ne parlerai pas des infirmières qui sont débordées, qui sortent vidées du travail. Ni des urgentistes qui doivent constamment prendre des décisions majeures en une fraction de seconde. Pas de problème, ils sont faits en téflon. Pas de vendanges pour eux…

Je ne parlerai pas non plus de tous ces travailleurs mis de plus en plus sous pression parce que les entreprises font face à la récession. Les marchés s’effritent à vue d’œil. Les grands de l’économie n’échappent pas à la vague. Perdra-t-on son emploi? Ça mériterait certainement une, sinon deux journées VIP. Car les fonctionnaires visés, eux, ils ont leur emploi à vie et font tout de même une visite!

Puis, toutes ces personnes âgées sans ressources qui finiront leur vie grabataires. Elles ont largement contribué à bâtir le Québec que nous connaissons aujourd’hui par leur travail acharné et leur esprit de persévérance. Une petite journée en plein air, dans un vignoble, ce ne serait pas vilain. Aux frais de l’État…

Et tous les Québécois qui sont stressés pour des tonnes de bonnes raisons? Et tous les cochons de payants qui affronteront des hausses de tarifs prochainement? Alors, en voiture et en route pour le vignoble aux frais du gouvernement. Si ça aide des fonctionnaires, ça devrait pouvoir aider le contribuable!

Avec un déficit de 4,7 milliards, pourquoi regarder aux petites dépenses?

 

Chronique

L’argent des autres

30/10/2009 09h34 

Comme c’est agréable de dépenser l’argent des autres… On n’a pas à se casser le beigne, à se demander s’il en restera pour la fin du mois et s’il faudra se priver pour payer les factures.
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