Les médias feront un travail normal de suivi et de surveillance de l’administration Labeaume à l’hôtel de ville de Québec. Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils soient l’opposition à l’Équipe Labeaume, sous prétexte que seulement deux candidats indépendants ont été élus, dimanche, et que le Renouveau municipal a été rayé de la carte. Ce n’est pas leur rôle.
Les médias généralistes au Québec rapportent des faits, initient des enquêtes journalistiques et ont des commentateurs qui mettent les nouvelles en perspective dans des analyses ou des chroniques. Le journalisme de combat n’a pas sa place à l’intérieur de ces créneaux journalistiques.
Les journalistes ne doivent pas non plus se substituer à la volonté de la population exprimée démocratiquement dans la boîte de scrutin et remplacer une opposition dont les électeurs n’ont pas voulu. Leur devoir est de s’en tenir à un travail honnête et rigoureux.
Le journalisme engagé, comme celui pratiqué, par exemple, au défunt quotidien Le Jour, créé par le Parti québécois au début des années 70, s’il est largement répandu en Europe, est le lot au Canada de petits médias marginaux qui touchent des clientèles très restreintes. Les médias de masse ne se placent pas au service de partis politiques ou d’idéologies dans le traitement des nouvelles, ne serait-ce que pour des raisons commerciales. Ils cherchent à toucher une clientèle la plus large possible afin de percevoir les plus hauts revenus publicitaires possible.
Leur rayonnement tient par contre pour beaucoup à la diffusion d’informations percutantes, dérangeantes, et pour les mêmes préoccupations affairistes, ils n’hésiteront donc pas à fouiller et à déterrer des scandales, des irrégularités administratives ou à démontrer des abus de pouvoir.
La notoriété du journaliste qui aura marqué le point grimpe, en même temps que le média y gagne, dans un marché de libre concurrence.
En bref, la population peut compter sur les lois du marché pour que Régis Labeaume soit hautement surveillé, sans le journalisme de combat que réclament certains à Québec depuis quelques semaines.
L’administration Tremblay à Montréal a d’ailleurs été ensevelie sous les scandales par le travail conjugué de journalistes de médias en concurrence qui se relançaient jour après jour (TVA et Radio-Canada, Le Journal de Montréal et La Presse) et non par celui d’élus à l’hôtel de ville qui formaient l’opposition.
Le démocrate
Le maire Régis Labeaume s’est engagé, dimanche, à ne pas abuser du pouvoir total que la population lui a confié.
Le premier geste à faire pour prouver qu’il est maintenant, comme le Tide, un « nouveau Régis amélioré » est de consentir aux deux conseillers indépendants un budget raisonnable de recherche qui leur permettra d’avoir une vision horizontale de l’administration de toute la ville et non seulement de leurs districts. De plus, ils seront les courroies privilégiées pour des personnes ou des groupes de citoyens lésés par des décisions du « gouvernement » Labeaume, dont les autres conseillers seront solidaires.
Ils doivent avoir les moyens pour jouer ce rôle.
Le conseiller Yvon Bussière ne se sent pas encore investi d’une telle mission. Il n’aura alors qu’à rejeter l’offre de la mairie. Mais Anne Guérette croit à l’importance d’offrir ce service aux citoyens. Un grand démocrate lui procurerait les outils pour être en mesure de le faire. Surtout quand le démocrate en question ne risque rien en se montrant magnanime.
Chronique
Journalistes ou légionnaires?
05/11/2009 09h46
Les médias feront un travail normal de suivi et de surveillance de l’administration Labeaume à l’hôtel de ville de Québec. Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils soient l’opposition à l’Équipe Labeaume, sous prétexte que seulement deux candidats indépendants ont été élus, dimanche, et que le Renouveau municipal a été rayé de la carte. Ce n’est pas leur rôle.
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