Le maire de Québec, Régis Labeaume, détient maintenant un poids politique énorme vis-à-vis des gouvernements fédéral et provincial pendant que son homologue à Montréal, Gérald Tremblay, est devenu un lourd boulet, surtout pour Jean Charest.
M. Labeaume a même recueilli plus de voix, en chiffres absolus, 153 223 sur 396 225 électeurs inscrits, comparativement à 139 868 voix pour Gérald Tremblay dans un bassin près de trois fois supérieur de 1 100 206 électeurs. Le maire de Québec a réussi à attirer aux urnes 50 % de l’électorat, même s’il n’avait pas d’adversaire véritable, alors que 35 % seulement des électeurs montréalais se sont rendus voter, au terme d’une campagne pourtant trépidante, sur fond de scandales.
Régis Labeaume a balayé la ville de Québec, et son équipe détiendra 26 sièges sur 28 au conseil. Gérald Tremblay sera, au contraire, largement minoritaire; il a perdu des piliers de son administration, dont son propre frère, Marcel, et André Lavallé. C’est un vainqueur brisé, à bout de forces physiques, de toute évidence, qui s’est adressé à la population un peu après minuit au début de la nuit d’hier.
Régis Labeaume, à l’autre bout de la 20, était un homme rayonnant, au sommet de son pouvoir politique, et il dégageait une force tranquille. Le contraste était bouleversant.
Régis Labeaume détient un rapport de force exceptionnel dans son démarchage auprès des ordres supérieurs de gouvernement pour ses différents projets, dont un nouvel amphithéâtre et le retour d’une franchise de la LNH.
Il doit utiliser celui-ci au maximum et rapidement, avant que son étoile commence à pâlir. Il recevra une écoute attentive parce que ni Jean Charest ni Stephen Harper ne peuvent s’offrir le luxe d’indisposer le maire de Québec, qui ne se gêne jamais pour s’immiscer dans les campagnes à l’échelle provinciale et fédérale.
Gérald Tremblay est, pour sa part, un ancien ministre libéral provincial, et son parti municipal compte d’ailleurs d’anciens collègues du PLQ à l’Assemblée nationale, dont des spécialistes des campagnes de souscription comme Michel Bissonnet et Claude Dauphin… Quand des odeurs de scandale émanent de l’administration Tremblay, la population renifle automatiquement du côté du PLQ.
Jean Charest est aussi acculé au mur en tant que premier ministre par des demandes répétées d’une commission d’enquête sur la collusion des entrepreneurs et la corruption à l’échelle municipale, à la suite des révélations sur des « affaires » montréalaises.
La situation financière de la métropole est en plus désastreuse, après huit années d’administration Tremblay, et Québec devra se porter une fois de plus à son secours. La métropole décline alors que Québec explose, à tous les égards.
Enfin, le véritable pouvoir politique à l’hôtel de ville sera par sa faute entre les mains de Louise Harel et de Richard Bergeron, deux gauchistes, adversaires du gouvernement Charest, qui pourront faire chanter et danser le maire.
Bref, Gérald Tremblay est devenu un gros cas problème, un embarras même, pour Jean Charest.
Les maires de Québec et de Montréal ont toujours un accès privilégié aux premiers ministres. Quand la secrétaire leur annoncera que Régis Labeaume attend au bout du fil, ils sortiront la calculatrice. Quand ce sera Gérald Tremblay, ils auront des palpitations : qu’est-ce qu’il a encore fait, celui-là, s’inquiéteront-ils, craignant chaque fois le pire.
jjacques.samson@journaldequebec.com
Chronique
Le couronné et le déboulonné
03/11/2009 09h21
Le maire de Québec, Régis Labeaume, détient maintenant un poids politique énorme vis-à-vis des gouvernements fédéral et provincial pendant que son homologue à Montréal, Gérald Tremblay, est devenu un lourd boulet, surtout pour Jean Charest.
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