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Le dimanche 22 novembre 2009

Chronique

Harper doit craindre Labeaume

22/10/2009 09h22 - Mise à jour 22/10/2009 14h22

Le maire Régis Labeaume a déclenché une sorte d’affaire des « Yvette » à une échelle réduite avec ses déclarations sur la nécessité d’obtenir un taux de participation significativement élevé aux élections du 1er novembre et un appui sans équivoque à son parti, pour aller de l’avant avec le projet d’un nouveau Colisée.

Des adversaires de M. Labeaume, et des médias, cherchent à créer artificiellement un scandale en gonflant des propos qui seraient des entorses à une rectitude politique sortie on ne sait trop d’où. Doit-on reprocher à Régis Labeaume de vouloir faire sortir le vote et obtenir la plus forte victoire possible? C’est l’essence même de la politique. Tous les chefs de parti cherchent à gagner le plus grand nombre de sièges.

Le maire sait déjà, par ailleurs, à la suite du sondage publié samedi par Le Journal, qu’il peut compter sur l’appui de près de 90 % des citoyens à son projet d’un nouvel amphithéâtre. Il réclame néanmoins un taux de participation élevé et une victoire éclatante pour se donner, dit-il, un meilleur pouvoir de négociation avec les gouvernements supérieurs à qui il demande des contributions de 175 millions de dollars chacun. Il a effectivement besoin de se bâtir un puissant rapport de force pour mettre beaucoup de pression sur Ottawa et sur Québec.

Il est remarquable incidemment de constater que les adversaires de l’Équipe Labeaume ne rejettent pas le projet d’amphithéâtre, très populaire, mais qu’ils apportent seulement des bémols et qu’ils s’en prennent aux façons de faire de Régis Labeaume. Aucun des candidats du RMQ ou des Indépendants n’a osé l’affronter à la mairie, manquant au devoir premier de l’opposition, et chacun tente cette fois de sauver sa peau en le diabolisant pour son style. Ils agitent à tout propos le spectre de la tyrannie, de la dictature.

Le cas Harper

Les communications sont excellentes entre Régis Labeaume, Jean Charest et le ministre responsable de la région, Sam Hamad. Le maire a d’ailleurs pu leur expliquer son projet, la semaine dernière, dans les bureaux du premier ministre.

M. Labeaume est par contre agacé par le manque de diligence du gouvernement Harper dans les dossiers régionaux. Son irritation est ressortie ces derniers jours, lorsque nous avons abordé le sujet. D’un naturel expéditif (c’est un euphémisme), il s’est notamment buté à la lourdeur administrative de la machine fédérale dans les dossiers du Manège militaire, de l’édifice administratif du secteur d’Estimauville et du super PEPS.

De plus, il n’attaque pas directement la ministre conservatrice Josée Verner, mais quiconque décode un peu le non-dit en politique devine facilement qu’il est insatisfait de son leadership. Il préfère s’adresser à ses collègues Christian Paradis et Denis Lebel. Du premier ministre Harper, il glisse aussi que « c’est un cas ». Bref, rien n’est acquis de ce côté.

Sur le tard

M. Labeaume soutient qu’Ottawa et Québec n’ont qu’à puiser dans les budgets déjà votés pour les programmes d’infrastructures afin de répondre à ses demandes, mais le plus fort pourcentage de ces budgets est cependant déjà engagé. Les demandes de la Ville de Québec arrivent sur le tard et l’acceptation des projets est toujours le résultat de vigoureux tirs du poignet entre les membres des gouvernements représentant les différentes provinces et régions. De plus, le maire et les résidents de Québec sont très pressés d’avoir leur amphithéâtre pour ramener une franchise de la LNH.

Régis Labeaume possède déjà le plus lourd poids politique de tous les personnages publics locaux, mais il veut être davantage craint encore des élus conservateurs et de Stephen Harper.

 

Chronique

Harper doit craindre Labeaume

22/10/2009 09h22 - Mise à jour 22/10/2009 14h22

Le maire Régis Labeaume a déclenché une sorte d’affaire des « Yvette » à une échelle réduite avec ses déclarations sur la nécessité d’obtenir un taux de participation significativement élevé aux élections du 1er novembre et un appui sans équivoque à son parti, pour aller de l’avant avec le projet d’un nouveau Colisée.
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