Le mardi 9 février 2010

Chronique

Casque trop serré

27/05/2009 08h45 

Vroum vroum vroum sur mon ti-bicycle. Vroum vroum vroum je vivrai longtemps, chantait Tex Lecor en faisant l’éloge de la sensation de liberté que procure la moto. Son souhait de vivre longtemps défiait pourtant les lois de la statistique.

L’actuariat fournit une réponse implacable à la présente confrontation entre les amateurs de moto et la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Cette branche des mathématiques permet de déterminer les primes d’assurance par la superposition de divers facteurs de risques.

Issu de l’industrie privée des assurances, le pdg de la SAAQ, John Harbour, s’est basé, en 2007, sur les principes appliqués par ces institutions pour lancer une réforme tarifaire à l’intention des motocyclistes. Son objectif était d’en venir à l’établissement de primes les plus personnalisées possible, conjuguant le type de moto, la puissance du moteur et le profil de chaque conducteur.

La SAAQ a entrepris depuis un rattrapage dans sa tarification pour les motocyclistes, jamais accepté par ces derniers et elle s’apprête à passer à une deuxième étape. Les statistiques parlent pourtant.

Les ninjas

Les motocyclistes dans leur ensemble ont proportionnellement trois fois plus d’accidents que les automobilistes et, dans l’univers de la moto, celles de type régulier sont impliquées dans 2,5 fois plus d’accidents et les motos sport, les racers, huit fois plus.

Les automobilistes n’ont pas à supporter des primes plus élevées pour éponger les coûts énormes découlant d’accidents de motos et les motocyclistes moins à risques n’ont pas à payer un excédent pour compenser les coûts de ceux qui le sont plus. C’est une question d’équité et de justice.

Et si un mauvais profil de conducteur correspond en plus au type de moto plus à risques, ce qui est le cas selon les données présentées par la SAAQ en 2007, il faut décourager les éventuels propriétaires de tels engins, soit par une tarification à la mesure réelle du risque qu’ils représenteront (en Ontario la prime annuelle est de 13 300 $ pour assurer une racer contre 1 253 $ en 2010 au Québec!) ou en interdisant tout simplement certaines grosses cylindrées aux moins de 25 ans.

La tête dans le casque

Les motocyclistes qui plaident que l’âge et la puissance du moteur n’ont rien à voir et que le seul facteur à considérer devrait être le comportement de chaque conducteur, se mettent la tête dans… le casque pour ne pas voir certaines réalités.

Tant et aussi longtemps que les statistiques démontreront une corrélation entre un mauvais profil de conducteur et le type de moto choisi, tout discours contraire demeurera de la foutaise, n’en déplaise à ceux qui revendiqueront être des exceptions.

Pour ces derniers, il faudrait en somme que la SAAQ se croise les bras et attende que les policiers aient réussi à attraper tous les casse-cou, après des courses folles sur les routes pour leur distribuer des contraventions assorties de lourds points d’inaptitude et ainsi les disqualifier un à un.

Raisonnement ridicule de quelqu’un dont le casque est trop serré! Ça suffit!

Les policiers ont enfin été déjà trop tolérants à l’endroit des convois d’escargots qui ralentissent la circulation sur les autoroutes, la fin de semaine, pour manifester leur mécontentement contre la SAAQ.

Ils se sont fait voir; nous connaissons leurs doléances. Ça suffit maintenant! La prochaine démonstration du genre doit être réprimée par des contraventions.

Au Québec, chaque fois qu’un groupe est de mauvaise humeur contre une décision gouvernementale ou veut arracher un privilège, il prend les automobilistes en otages, avec une bénédiction policière.

 

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Casque trop serré

27/05/2009 08h45 

Vroum vroum vroum sur mon ti-bicycle. Vroum vroum vroum je vivrai longtemps, chantait Tex Lecor en faisant l’éloge de la sensation de liberté que procure la moto. Son souhait de vivre longtemps défiait pourtant les lois de la statistique.
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