De nombreux fonctionnaires prennent le TGV à Paris, le matin, pour se rendre à des réunions de travail à Bruxelles, siège du Parlement européen, et ils rentrent à la maison le soir. J’en ai été témoin. Des Parisiens choisissent même d’aller s’établir à Bruxelles pour sa qualité de vie et ils font l’aller-retour chaque jour pour se rendre travailler à Paris.
Un phénomène semblable se développerait sûrement au Québec. De nombreux fonctionnaires partagent leur temps entre la capitale et la métropole. Desjardins a même son propre autocar pour transporter ses employés obligés de faire de même. Plusieurs gens d’affaires ont aussi besoin de se rendre fréquemment à Montréal ou Toronto. Toutes ces personnes constitueraient une clientèle de base régulière pour un TGV. À la condition, bien sûr, que ce soit à prix abordable, la possibilité de faire le trajet Québec-Montréal en moins d’une heure inciterait en plus de Montréalais à découvrir les réputées bonnes tables de Québec, à profiter de ses stations de ski, à fréquenter ses musées, etc. À l’inverse, les gens de Québec et de l’est du Québec apprivoiseraient davantage le caractère multi-ethnique de Montréal, ils auraient plus facilement accès à sa vie culturelle et sportive. Vous partez en fin d’après-midi pour assister à un spectacle à Montréal et vous êtes de retour dans votre lit autour de minuit.
Un TGV est en plus un moyen de transport très écologique, comparativement à l’automobile. Il s’inscrirait dans une volonté de réduire notre dépendance du pétrole.
La volonté de se doter d’un train à grande vitesse sera surtout soupesée économiquement : coût de la nouvelle voie, coût de l’équipement roulant, clientèle potentielle et autres données du genre. Un TGV aurait toutefois un impact majeur non quantifiable : sa dimension socioculturelle. Il contribuerait à combler « le deux Québec dans un » qui s’est creusé en raison de la cassure entre Montréal et les régions.
L’occasion ratée
Certes, le réseau routier québécois est dans un état de délabrement consternant, résultat de vingt années de négligence dans son entretien. Mais les investissements massifs consentis pour les programmes d’infrastructures offraient une opportunité exceptionnelle de lancer pareil projet, à la fois utile et à portée sociologique. Mais il est trop tard. On parle de TGV depuis plus de vingt ans. Nous allons dépenser encore quelques millions de plus pour engraisser des consultants de diverses sortes qui ajouteront d’autres études sur la pile existante.
Et nous nous ferons dire qu’après les dépenses extraordinaires de 2009 et 2010 pour amortir la crise, il n’est plus possible d’envisager pareil investissement.
La dernière grande décision qui a modifié le cours de notre histoire est la signature de l’accord de libre-échange avec les États-Unis. Depuis deux décennies, nous élisons à Québec et à Ottawa des intendants, sans vision d’avenir.
À cet égard, nous sommes chanceux d’avoir des maires à Québec comme Jean-Paul L’Allier et Régis Labeaume, qui en ont une pour leur ville.
Le TGV : Un projet de société
09/02/2009 09h50
Un TGV qui relierait Québec à Montréal changerait la vie de bon nombre de résidents de la région de Québec. Le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, nous l'a fait réaliser comme jamais, cette semaine : la ville de Québec pourrait devenir une banlieue de Montréal.
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