Le gouvernement Charest a démontré, hier, une irresponsabilité gênante dans le sillage de l’inquiétant rapport du Vérificateur général du Québec sur le ministère des Transports.
On a utilisé délibérément la période des questions à l’Assemblée nationale pour faire de la petite politique nauséabonde. La période des questions est l’endroit privilégié pour la reddition de comptes et non une assemblée partisane dans un sous-sol d’école. Refuser de se soumettre à cet exercice, c’est dénaturer les institutions parlementaires.
Renaud Lachance, le vérificateur général, a rendu public mercredi un rapport qui démontre, entre autres, de graves lacunes dans l’attribution de contrats au ministère des Transports du Québec.
Rarement a-t-on vu une critique aussi précise et documentée des méthodes d’un seul ministère. Les mauvaises pratiques du MTQ ont des conséquences graves pour les contribuables qui doivent payer plus cher pour leurs travaux routiers.
Le rapport du VG vient de surcroît s’ajouter à une série de révélations des médias étalées au cours des derniers mois qui laissent poindre un réseau bien monté qui engraisse de gros entrepreneurs au Québec et, qui sait, certaines caisses électorales.
ARROGANCE ET DIVERSION
Hier, le devoir du gouvernement, c’était de fournir des explications et de rassurer, si possible, la population. Celui de l’opposition, de poser des questions.
Or, le gouvernement s’est lancé dans une contre-attaque, en s’appuyant sur des articles publiés le matin même dans un quotidien, et montrant du doigt le mari de Pauline Marois, Claude Blanchet.
Après avoir lancé cet écran de fumée, le leader parlementaire du gouvernement, Claude Béchard, a poussé l’arrogance jusqu’à demander la démission de la chef de l’opposition! Le monde à l’envers.
Cette manœuvre grossière n’a dupé personne mais permis au parti au pouvoir d’esquiver les questions sur son administration.
Le gouvernement cherchait tout simplement à gagner du temps afin de laisser baisser la pression jusqu’à la semaine prochaine.
Bien que les questions lui étaient adressées, après tout on demandait la démission de deux de ses ministres, le premier ministre Jean Charest n’a pas eu à se lever de son siège pour les défendre ou donner des explications aux Québécois. On a laissé sa garde rapprochée faire diversion et lancer des insinuations.
Si le gouvernement a des doutes sur Claude Blanchet et sur les investissements qu’il a faits, il dispose de nombreuses façons de le faire savoir sans gaspiller le temps précieux de la Chambre et sans détourner la période des questions.
DU SÉRIEUX
À Québec, le Parlement ne siège que quelques mois par année et il n’y a, normalement, que trois périodes de questions par semaine, la moindre des choses, c’est de les prendre au sérieux.
Le Vérificateur a, faut-il le rappeler, démontré qu’on invoque faussement l’urgence pour donner des contrats, que certains de ceux-ci sont fractionnés pour échapper à un appel public, que certains paiements ont été faits avant d’avoir obtenu une autorisation du MTQ... Le cas le plus étrange est celui de ce rapport sur une collusion destinée à éviter la concurrence qui est mort sur le bureau du sous-ministre en 2004.
Toutes ces manœuvres ne font qu’accréditer la nécessité d’une enquête publique qui, elle, commanderait des réponses.
Chronique
Gênant
20/11/2009 09h08
Le gouvernement Charest a démontré, hier, une irresponsabilité gênante dans le sillage de l’inquiétant rapport du Vérificateur général du Québec sur le ministère des Transports.
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