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Le dimanche 22 novembre 2009

Chronique

Piquerie de masse

04/11/2009 09h54 - Mise à jour 04/11/2009 10h37

Une semaine pour découvrir les vertus des coupons et des bracelets, c’est plutôt long.

C’est le temps qu’a pris le ministère de la Santé pour civiliser un tant soit peu les interminables et insupportables cordons de gens qui attendent qu’on leur administre le vaccin contre la grippe H1N1.

Tout le Québec est estomaqué de voir des parents traîner leur progéniture et patienter des heures pour protéger leurs enfants contre les conséquences d’une grippe qu’on leur prédit pourtant depuis six mois. D’autant plus qu’on a poussé l’inconséquence jusqu’à les faire poireauter à l’extérieur par un automne frisquet. Des malades sont obligés de montrer patte blanche pour recevoir une dose de vaccin!

Inadmissible qu’on n’ait pas prévu des chaises et un toit pour tout le monde. Il est vrai que la peur déclenchée par le décès d’un adolescent en Ontario a eu un effet déclencheur et convaincu bien des gens de la nécessité de se faire vacciner. Comme le montre un sondage réalisé ces jours-ci, les “antivaccins” sont passés de 50 % à 36 % rapidement. Mais tout cela aurait dû être prévu par les autorités sanitaires qui planchent depuis des mois sur des plans pour faire face à la pandémie. Ce scénario devait inclure une réaction de quasi-panique de la population.

Depuis l’ouverture des centres de vaccination, c’est l’incohérence totale et on découvre des directives et des traitements différents dans les mêmes villes ou sur les mêmes territoires.

L’explication est venue, hier, en chambre, du ministre Yves Bolduc, qui tentait de justifier le fait que les enfants de la Montérégie seront vaccinés deux semaines avant ceux de l’île de Montréal, alors que ceux des Laurentides le sont depuis le 26 octobre. Il a d’abord dit qu’il avait appelé les responsables de la santé à Montréal pour accélérer les choses, ce qui signifie que ceux-ci ne s’étaient pas rendu compte de ce double traitement.

« Une fois qu’on a dit ça, chaque région est responsable de son plan », a expliqué le ministre. Nous avons donc un ministère de la Santé fédéral qui commande les doses et les distribue, un ministère de la Santé à Québec qui planifie l’ensemble de l’opération et des Agences de la santé qui appliquent dans leur région respective le plan d’intervention. Hier, le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier, a confessé que les régions n’étaient pas toutes prêtes en même temps. S’il y a un secteur qui demande une gestion centralisée et uniforme, c’est bien celui de la santé, alors qu’éclate un début de crise sanitaire.

Certaines décisions prises en amont laissent toujours perplexes. On a choisi, par exemple, de procéder à une vaccination massive en évitant les circuits habituels qui tournaient rondement chaque automne. Si on avait vacciné les enfants à l’école comme cela se fait à chaque rentrée scolaire, on aurait évité de les envoyer faire la queue dans des centres commerciaux. L’excuse de la permission parentale tient plus ou moins la route, car les parents doivent, de toute façon, donner leur consentement. De même, les grosses entreprises et les cliniques médicales ont été laissées de côté dans le grand plan. Le recours à ces circuits aurait permis de relâcher la pression sur les centres de vaccination.

Le premier ministre Charest et le ministre Bolduc ont promis, hier, d’apporter les ajustements nécessaires. Ils n’ont pas vraiment le choix tant la pression populaire est forte. Nous n’en sommes qu’aux clientèles cibles dans la lutte contre la H1N1 et le nombre de cas est limité. C’est une opération sans précédent, bien sûr, mais le gouvernement ne peut invoquer le fait qu’il n’a pas eu les ressources, les budgets et le temps pour nous protéger efficacement et avec humanité.

 

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Piquerie de masse

04/11/2009 09h54 - Mise à jour 04/11/2009 10h37

Une semaine pour découvrir les vertus des coupons et des bracelets, c’est plutôt long.
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