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Le dimanche 22 novembre 2009

Claude Lapointe revient de loin

08/12/2008 14h11 

Le match des vieilles jambes du Canadien et des Nordiques représentait plus qu’une rencontre amicale pour Claude Lapointe. Elle se voulait sa première sortie dans son ancien milieu de travail à quelques semaines de la fin d’une longue cure de désintoxication.

Grâce à l’aide et aux outils que lui a remis le centre de réhabilitation pour toxicomanes Narconon, de Trois-Rivières, Lapointe croit qu’il a brisé sa dépendance à la cocaïne, cette poudre blanche qui a mis fin à sa carrière et causé sa suspension à vie par la Ligue nationale.

Il a entrepris sa thérapie le 24 septembre 2006. Il a tenu le coup jusqu’au bout, cette fois-ci. « J’avais tenté à quelques reprises de m’en sortir, mais je n’étais pas réellement prêt à décrocher », a-t-il expliqué, hier, lors du brunch qui a réuni des invités et les joueurs des deux formations.

La déchéance de l’ancien numéro 47 des Nordiques a débuté pendant son association avec les Islanders de New York avec lesquels il a joué de 1996-1997 à 2002-2003. Il a entrepris son voyage infernal à sa dernière saison et il a duré pendant quatre ans. Après sa dernière campagne à Philadelphie (2003-2004), il a totalement délaissé l’entraînement et s’est présenté au camp dans une forme exécrable. La LNH l’a soumis à une thérapie.

« J’ai été testé positif deux fois par la suite, ce qui m’a valu ma suspension. » Lapointe ne voulait pas emprunter cette route. Qui le voudrait? « J’ai vécu un peu là-dedans avec ma famille dans ma jeunesse. Chez les Islanders, j’ai été amené dans ce milieu par un mauvais entourage. Je constituais une belle cible. Je jouissais d’une belle popularité à Uniondale, je ne manquais pas d’argent et j’étais prédisposé à consommer. Un peu le piège que des jeunes vivent en fréquentant les mauvaises personnes dans des parcs. Aucune excuse n’est toutefois valable. Il n’existe pas de bonne raison. Ma carrière allait bien, je vivais harmonieusement avec mon ex-épouse et nous avions des enfants en santé. »

Éclatement à Philadelphie

La vie de Lapointe a éclaté à Philadelphie. « J’étais rendu très loin dans mon monde. Quand j’ai abandonné l’équipe, je n’ai salué personne. Je suis disparu de la circulation. Mes enfants, aujourd’hui âgés de 14 et 16 ans, m’ont vu dans les bas-fonds après avoir été un joueur de la LNH. Je suis convaincu qu’ils ne prendront pas la même route que moi. Ils ont tiré des leçons de la déchéance de papa. Je les surveille de près et je saurai les mettre en garde si la tentation se présentait. »

Lapointe participait à son deuxième match avec les anciens Nordiques. Il était là en 2004. En fait, une présence physique, mais pas mentale. « J’apprécie beaucoup de jouer cette partie et de retrouver les gars. Lors de ma visite précédente, je me trouvais dans mon meilleur, en fait dans le pire, de ma consommation de cocaïne. Je ne me rendais pas tout à fait compte de ce qui se passait alentour de moi. Je n’étais pas vraiment là. Je n’ai pas savouré le déroulement de la journée comme les autres joueurs. »

Il en allait autrement, hier. « Narconon m’a permis de redevenir le Claude Lapointe d’autrefois. Je n’étais pas une mauvaise personne à la base. Je suis très fier de m’être finalement sorti de cet enfer. J’ai gaspillé beaucoup d’argent pour consommer, mais, au moins, je ne suis pas ruiné et je peux encore profiter de la vie. Les dégâts ont été plus lourds physiquement. Je suis convaincu que je jouerais encore dans la LNH même à 40 ans car je prenais toujours un soin jaloux de ma condition physique. »

Mettre à profit son expérience

Lapointe ignore pour l’instant s’il entreprendra des démarches pour faire lever sa suspension à vie par la LNH. Il ignore même pas si cela s’avère possible.

« Je ne jouerai plus jamais. Toutefois, j’aimerais entreprendre une carrière d’entraîneur et gravir les échelons. Si cela fonctionne, je devrai peut-être en faire la demande si je me rapproche du circuit Bettman. Je ne voudrais pas qu’on m’accorde une deuxième chance, mais le droit de continuer à vivre ma vie. »

Lapointe estime également qu’il pourrait collaborer avec la LHJMQ et les circuits mineurs de hockey dans un programme de lutte contre la drogue et autres substances interdites.

« Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Le hockey n’est pas épargné par ce fléau. Des joueurs consomment, mais ils parviennent à le cacher. Je ne parle pas nécessairement de drogues, mais aussi de médicaments dont les fameux Sudafed et même les boissons énergisantes. J’aimerais beaucoup faire de la prévention auprès des jeunes. Je saurais de quoi je parle. »

Lapointe a démontré dans sa vie qu’il trouve une façon de s’en sortir. Il a joué 15 saisons dans la LNH après avoir été le 12e choix (234e), celui des Nordiques, en 1988.

 

Claude Lapointe revient de loin

08/12/2008 14h11 

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