Le dimanche 21 mars 2010

Classe pour garçons

Pas de filles, moins de décrochage

23/12/2009 04h00 

√ Mathieu Ross et Fausto Perez, deux élèves inscrits en 2e secondaire dans la classe de gars, apprécient beaucoup leur expérience.
© Le Journal de Montréal

Une polyvalente de Montréal est en train de prouver qu’on peut lutter efficacement contre le décrochage scolaire chez les garçons en les séparant des filles et en misant sur la technologie.

L’école Monseigneur-Richard, dans l’arrondissement Verdun, a mis sur pied cette année une seconde classe réservée uniquement aux garçons.

En plus d’être offert en 3e secondaire, le programme « Garçons branchés » est désormais implanté en 2e secondaire.

Ce projet, lancé en septembre 2008, accorde une grande place aux nouvelles technologies de l’information : chaque gars possède son propre ordinateur portable, et les cours sont donnés à l’aide d’un tableau numérique, dans un local disposant d’un réseau Internet sans fil.

Des jeux vidéo sont utilisés pour enseigner certaines matières et, dès janvier, des manettes permettant de participer à des jeux-questionnaires serviront à évaluer l’apprentissage des jeunes.

Puisque les garçons sont toujours ensemble, ils changent rarement de classe, ce qui est plutôt inhabituel au secondaire.

« Ils sont comme une équipe de hockey, révèle le directeur adjoint de l’établissement, Marc-André Viens. Ils se tiennent et ils démontrent une belle solidarité. »

Autre caractéristique du pro­gram­me : les profs s’efforcent de modifier leurs méthodes d’enseignement pour garder l’attention de la classe.

« Ça bouge beaucoup », avoue Sarah Laprise, qui enseigne la science aux garçons de 2e secondaire.

Cinq fois moins d’absences

Ce programme, qui vise à lutter contre le décrochage scolaire chez les garçons, est en train de prouver son efficacité.

Parmi les 29 adolescents qui ont terminé leur 3e secondaire dans le groupe de gars de l’an dernier, 28 poursuivent des études cette année, ce qui constitue un véritable exploit, selon la directrice de l’école, Nathalie Provost. « C’est énorme », lance-t-elle.

Les absences sont aussi cinq fois moins fréquentes qu’en temps normal, a-t-on indiqué au Journal.

Il faut dire que le décrochage scolaire est un défi de taille dans cet établissement où 40 % des élèves vivent dans des familles monoparentales et côtoient la pauvreté.

En 2006-2007, plus de la moitié des jeunes qui amorçaient leur secondaire à Monseigneur-Richard quittaient les bancs d’école sans aucun diplôme en poche.

« À l’origine, quand on a implanté le programme en secondaire III, c’était pour éviter le décrochage. Maintenant, en secondaire II, c’est pour le prévenir », dit Marc-André Viens.

Moins gênés

Même si certaines études remettent en question la pertinence de séparer les garçons des filles à l’école, M. Viens croit que cela permet de rendre les jeunes hommes plus à l’aise en classe.

« Les gars se sentent moins gênés entre eux autres », dit-il.

Des chiffres qui parlent

√ L’an dernier, 29 garçons ont complété la première année du programme « Garçons branchés », en 3e secondaire.

√ De ce nombre, cette année :

- 23 sont toujours inscrits à l’école Monseigneur-Richard

- 3 sont déménagés

- 2 sont à l’éducation des adultes

- 1 seul a décroché

√ En 2006-2007, 50,1 % des élèves inscrits à l’école Monseigneur-Richard quittaient les bancs d’école sans aucun diplôme en poche.

√ Au Québec, 30 % des garçons et 20 % des filles décrochent.

√ Chaque année, 5 000 élèves quittent l’école après avoir complété seulement la 1re ou la 2e année du secondaire.

√ Chaque année, 6 000 jeunes quittent l’école alors qu’il leur manque seulement quelques cours pour obtenir leur diplôme.

 

Classe pour garçons

Pas de filles, moins de décrochage

23/12/2009 04h00 

Une polyvalente de Montréal est en train de prouver qu’on peut lutter efficacement contre le décrochage scolaire chez les garçons en les séparant des filles et en misant sur la technologie.
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