Le vendredi 10 septembre 2010

Rivière des Mille-Îles

Creuser ne fait qu’effleurer le problème

23/06/2010 17h03 

La rivière des Mille-Îles sera creusée de 60 à 75 cm sur une superficie de 15 000 mètres carrés.
Photo Luc Cinq-Mars/Agence QMI

MONTRÉAL - Même si creuser l’embouchure ouest de la rivière des Mille-Îles constitue actuellement une solution d’urgence incontournable pour gérer son débit, croire qu’elle sera durable n’est qu’une « illusion », avancent des spécialistes.

Appelés à réagir quant aux travaux d’urgence annoncés, mardi, par la ministre de l’Environnement du Québec, autant le directeur général de Québec Nature, Christian Simard, que le directeur général du Conseil régional de l’environnement de Laval, Guy Garand, considèrent que Line Beauchamp est allée trop loin en affirmant qu’il s’agissait d’une solution à long terme.

M. Simard, qui qualifie «d’illusion» la durabilité des bénéfices engendrés par l'opération, avance que le problème est non seulement le résultat d’une mauvaise gestion de l’eau et des milieux humides, mais qu’il est également dû à une surconsommation de l’eau potable.

«Au Québec, on jette l’eau par les fenêtres. On est les champions toutes catégories sur le gaspillage, donc quand on prend de l’eau dans des rivières dont le débit est faible, on en subi les conséquences», laisse-t-il tomber.

Avec l’étalement urbain et le nombre grandissant de consommateurs d’eau potable aux alentours de cette rivière, il n’hésite pas à dire qu’on « est dans le trouble ».

D’autant plus qu’au cours des dernières années, l’aménagement du territoire le long de la rivière a détruit plusieurs milieux humides des rives, qui agissent à titre d’éponge lors des crues printanières. Comme ils alimentent également les ruisseaux, moins ils sont préservés, plus ces petits cours d’eau s’assèchent.

« Lorsque les crues des eaux surviennent chaque printemps, les milieux humides gardent l’eau et la libèrent lors de la période d’étiage. Ils ont un effet régulateur du niveau de l’eau », explique-t-il.

Décret de protection?

De son côté, M. Garand, croit même que le conseil des ministres aurait dû décréter l’état d’urgence pour remblayer les milieux humides et les plaines inondables, puis interdire les développements résidentiels en bordure de rivière, en plus de creuser.

«Il faut protéger notre eau. La situation se corrigera à long terme par l’aménagement du territoire», tranche le directeur général du Conseil régional de l’environnement de Laval.

M. Garand craint même que les travaux, qui débuteront en juillet, ne permettent pas d’améliorer la situation dans l’immédiat et qu’il faille creuser plus.

L’agente d’information à la Ville de Laval, Véronique Pharand, indique d’ailleurs qui si l’impact n’est pas suffisant, la Ville interdira l’arrosage.

«On a des mesures de restriction. Est-ce que c’est suffisant? La question se pose, mais c’est la première fois qu’on vit une telle situation en 80 ans. Déjà, on a le double de patrouilleurs pour s’assurer du respect des règles», souligne-t-elle.

 

Rivière des Mille-Îles

Creuser ne fait qu’effleurer le problème

23/06/2010 17h03 

Même si creuser l’embouchure ouest de la rivière des Mille-Îles constitue actuellement une solution d’urgence incontournable pour gérer son débit, croire qu’elle sera durable n’est qu’une « illusion », avancent des spécialistes.
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